En 2026, la cotisation minimale de CFE due par un auto-entrepreneur est comprise entre 247 € et 7 669 € selon le chiffre d’affaires réalisé deux ans plus tôt. Cette taxe locale, souvent découverte avec surprise par les créateurs d’entreprise, reste due même en l’absence de local professionnel dédié. Voici comment elle est calculée, dans quels cas elle peut être évitée, et à quelle date elle doit impérativement être réglée en 2026.
Qu’est-ce que la CFE et qui est concerné
La cotisation foncière des entreprises est un impôt local qui a remplacé l’ancienne taxe professionnelle, et qui fait partie, avec la CVAE, de la contribution économique territoriale due par les entreprises françaises.
Un impôt qui concerne aussi les auto-entrepreneurs à domicile
Depuis 2015, le statut d’auto-entrepreneur n’est plus exclu du champ d’application de la CFE. Le critère déterminant n’est pas la possession d’un local commercial, mais l’exercice habituel, professionnel et non salarié d’une activité en France. Un auto-entrepreneur qui travaille exclusivement depuis son domicile reste donc redevable de cette taxe, calculée sur son propre logement.
Une taxe due à chaque commune d’exercice
La CFE est versée à la commune sur le territoire de laquelle l’activité est exercée. Un auto-entrepreneur exerçant dans plusieurs communes peut, dans certains cas, être redevable de plusieurs cotisations, une situation qui reste toutefois marginale pour la majorité des indépendants.
Comment est calculée la CFE en 2026
Le calcul repose en théorie sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l’activité. Dans la grande majorité des cas, cette valeur étant faible ou nulle pour un auto-entrepreneur, une cotisation minimale s’applique, fixée par chaque commune dans une fourchette encadrée par la loi selon le chiffre d’affaires réalisé deux ans auparavant.
| Chiffre d’affaires N-2 | Base minimale 2026 | Cotisation indicative |
| Jusqu’à 10 000 € | Entre 247 € et 589 € | Selon le taux communal |
| De 10 001 € à 32 600 € | Entre 247 € et 1 179 € | Selon le taux communal |
| De 32 601 € à 100 000 € | Entre 247 € et 2 477 € | Selon le taux communal |
| Au-delà de 100 000 € | Jusqu’à 7 669 € | Selon le taux communal |
Le cas de l’auto-entrepreneur sans local professionnel
Pour un auto-entrepreneur exerçant à domicile, la base de calcul tient compte de la valeur locative du logement, de la surface utilisée pour l’activité, de la commune de domiciliation et du chiffre d’affaires réalisé deux ans plus tôt. Une cotisation minimale s’applique également dans ce cas, généralement proche de celle appliquée aux auto-entrepreneurs disposant d’un local dédié.
Les cas d’exonération de la CFE
Plusieurs situations permettent d’échapper totalement ou partiellement à la CFE, en particulier lors des premières années d’activité.
Aucune CFE l’année de création
La micro-entreprise est totalement exonérée de CFE pour sa première année d’activité. Un auto-entrepreneur qui a créé son activité en 2025 n’a donc aucune CFE à régler en 2026, à condition d’avoir effectué sa déclaration initiale dans les délais.
Une réduction de 50 % l’année suivante
La base d’imposition bénéficie d’un abattement de 50 % pour la première année d’imposition effective, c’est-à-dire l’année suivant celle de la création. Cette réduction s’applique automatiquement, sans démarche supplémentaire à effectuer.
| Bon à savoir Une micro-entreprise dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 € est exonérée de la cotisation minimum de CFE pour l’année concernée. Par ailleurs, l’option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu ouvre droit à une exonération de CFE l’année de création et les deux années suivantes, sous réserve de respecter les conditions de revenu propres à cette option. |
Les activités exonérées de plein droit
Indépendamment du chiffre d’affaires ou de l’ancienneté, certaines activités bénéficient d’une exonération de CFE de plein droit, quelle que soit leur situation.
- Les exploitants agricoles, les pêcheurs et les propriétaires qui louent une partie meublée de leur habitation.
- Les artistes et sportifs, ainsi que les artisans, à l’exception de ceux qui exploitent commercialement la matière première transformée.
- Les vendeurs à domicile indépendants, sous certaines conditions de rémunération.
Comment déclarer la CFE
La première déclaration de CFE doit impérativement être effectuée avant le 31 décembre de l’année de création de l’activité, au moyen du formulaire 1447-C-SD disponible sur le site des impôts, même en cas de chiffre d’affaires nul sur l’exercice.
Une déclaration unique, ensuite actualisée automatiquement
Une fois cette déclaration initiale transmise, l’administration fiscale actualise automatiquement la situation chaque année, sauf changement notable comme un déménagement ou une modification de l’activité déclarée, qui doivent alors faire l’objet d’un signalement spécifique.
Comment et quand payer la CFE en 2026
Le paiement de la CFE s’effectue exclusivement en ligne, quel que soit le montant dû, via l’espace professionnel du site impots.gouv.fr.
- Le paiement du solde doit intervenir au plus tard le 15 décembre 2026, par prélèvement à l’échéance indiquée sur l’avis de CFE.
- Un acompte est exigé au plus tard le 15 juin 2026 si le montant de la CFE de l’année précédente dépassait 3 000 €, un seuil rarement atteint par les auto-entrepreneurs.
- Une mensualisation est possible, avec des prélèvements répartis du mois de janvier à octobre, pour lisser la charge sur l’année.
Que faire en cas de cessation d’activité en cours d’année
En cas de fermeture de l’auto-entreprise en cours d’année, il est possible de demander un dégrèvement afin que la CFE soit calculée au prorata du temps d’exercice effectif, plutôt que sur une année complète. Cette démarche s’effectue par courrier écrit adressé au centre des impôts compétent.
FAQ : les questions fréquentes sur la CFE de l’auto-entrepreneur
Quel est le montant de la CFE pour un auto-entrepreneur en 2026 ?
Le montant dépend d’une cotisation minimale fixée par chaque commune, comprise entre 247 € et 7 669 € selon le chiffre d’affaires réalisé deux ans plus tôt. Le montant réel varie donc fortement d’une commune à l’autre, en fonction du taux voté localement.
Un auto-entrepreneur sans local doit-il payer la CFE ?
Oui. L’absence de local commercial dédié n’exonère pas de la CFE. Un auto-entrepreneur exerçant depuis son domicile reste redevable de cette taxe, calculée sur la base de son logement et du chiffre d’affaires réalisé deux ans auparavant.
La CFE est-elle due l’année de création de l’entreprise ?
Non. La micro-entreprise bénéficie d’une exonération totale de CFE pour sa première année d’activité, à condition d’avoir effectué la déclaration initiale avant le 31 décembre de l’année de création. Une réduction de 50 % s’applique ensuite l’année suivante.
Quelles activités sont exonérées de CFE de plein droit ?
Sont notamment exonérés les exploitants agricoles, les pêcheurs, les artistes, les sportifs, la plupart des artisans et les propriétaires qui louent une partie meublée de leur habitation. Ces exonérations s’appliquent indépendamment du chiffre d’affaires réalisé.
Quelle est la date limite de paiement de la CFE en 2026 ?
Le paiement du solde doit intervenir au plus tard le 15 décembre 2026, exclusivement en ligne. Un acompte est exigé au 15 juin 2026 uniquement si la CFE de l’année précédente dépassait 3 000 €, ce qui reste rare pour un auto-entrepreneur.
Comment obtenir une exonération de CFE pour faible chiffre d’affaires ?
Une micro-entreprise dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 € est exonérée de la cotisation minimum de CFE pour l’année concernée. Cette exonération s’applique automatiquement sur la base du chiffre d’affaires déclaré, sans démarche supplémentaire.
Que faire si l’on ferme son auto-entreprise en cours d’année ?
Il est possible de demander un dégrèvement pour que la CFE soit calculée au prorata du temps d’exercice réel sur l’année, plutôt que sur une année complète. Cette demande doit être adressée par écrit au centre des impôts dont dépend l’auto-entrepreneur.
